L'étang de Saint-Hubert, près du Perray-en-Yvelines, est un grand plan d'eau creusé sous Louis XIV pour alimenter les bassins du château de Versailles. Avec l'étang de Pourras et les étangs de Hollande, il forme une chaîne classée en réserve naturelle, l'un des meilleurs sites d'observation des oiseaux d'eau du Sud-Yvelines, en lisière de la forêt de Rambouillet.
Un étang royal au service des fontaines de Versailles
Sous Louis XIV, les ingénieurs du roi cherchent de l'eau pour les jets du parc de Versailles. Ils la trouvent sur le plateau de Rambouillet : un chapelet d'étangs retient les pluies, et un réseau de rigoles assure la connexion entre chaque bassin, puis l'acheminement vers Versailles. L'étang de Saint-Hubert, l'étang de Pourras, l'étang du Perray, l'étang de la Tour et les étangs de Hollande et leur base de loisirs appartiennent à ce système, que l'on désigne aussi comme les étangs de la Couronne, puisqu'ils relevaient du domaine royal.
Le nom vient du saint patron des chasseurs. Louis XV fit bâtir au bord de l'eau un pavillon de chasse, le château de Saint-Hubert, dont il ne reste presque rien après la Révolution. Louis XVI chassait encore dans ces bois, entre deux séjours au château de Rambouillet et sa laiterie. Trois siècles plus tard, l'ouvrage hydraulique n'alimente plus les fontaines : il est devenu un milieu sauvage, et c'est ce qui attire aujourd'hui le public. Cette histoire, qui relevait de l'administration des Bâtiments du roi, se lit encore dans le tracé des digues et des anciennes vannes, l'un des plus beaux ensembles historiques de ce type en France.
Ce que couvre cet article
Une réserve naturelle, avec ses règles
Les étangs de Saint-Hubert et de Pourras, avec les rigoles qui les relient, font partie de la réserve naturelle nationale des étangs et rigoles d'Yveline. Le site est situé à cheval sur les communes du Perray-en-Yvelines, des Bréviaires et de Saint-Léger-en-Yvelines, dans le périmètre du parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse. La réglementation y est plus stricte qu'en forêt ordinaire :
- on reste sur les chemins et la digue ouverts au public ;
- les chiens sont tenus en laisse, pour ne pas lever les oiseaux au nid ;
- la baignade, le bateau et le feu sont interdits ;
- la cueillette et le dérangement de la faune ne sont pas permis.
Ces règles expliquent la richesse du lieu : des roselières tranquilles, des berges peu fréquentées, une eau peu profonde en bordure. L'information à jour (panneaux, arrêtés, périodes de travaux) se trouve auprès du parc naturel et de l'Office national des forêts, qui gère la forêt domaniale voisine.
Quelles espèces observer, et à quelle saison ?
La meilleure expérience dépend de la saison. L'étang de Saint-Hubert accueille des oiseaux d'eau toute l'année, mais leur nombre et leur variété changent au fil des mois. Le tableau ci-après donne les grandes tendances, sans prétendre à l'exhaustivité ; les comptages précis relèvent des naturalistes de la réserve.
| Période | Ce que l'on voit surtout | Conseil pratique |
|---|---|---|
| Hiver | Canards plongeurs, foulques, grands cormorans, hérons cendrés | Matinée froide et claire, jumelles et longue-vue |
| Printemps | Parades du grèbe huppé, passereaux des roselières | Rester discret près des nids |
| Été (juin, juillet) | Jeunes grèbes et canards, libellules | Venir tôt, avant la chaleur |
| Automne | Oiseaux de passage, limicoles si le niveau d'eau baisse | Guetter les vasières dégagées |
Pour progresser, rien ne remplace une sortie ornithologique encadrée. Le parc naturel et les associations naturalistes en proposent plusieurs fois par an, gratuites ou sur inscription ; c'est l'occasion d'apprendre à distinguer un fuligule d'un canard de surface, et de repérer les postes d'observation les plus sûrs. En septembre et octobre, la même forêt offre un autre spectacle, le brame du cerf autour de Rambouillet.
Comment accéder à l'étang de Saint-Hubert ?
Sa situation, entre plusieurs localités forestières, en fait une activité de découverte facile à caser dans une journée. L'étang se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de Rambouillet, entre la route de Saint-Léger et le village du Perray. En train, la gare du Perray-en-Yvelines (ligne N, depuis Paris-Montparnasse) permet de rejoindre les berges à pied en une petite heure par les chemins forestiers. En voiture, de petits parkings forestiers bordent la route qui franchit la chaîne d'étangs.
La digue entre Saint-Hubert et Pourras est le point de départ classique : depuis le pont, on a l'eau à main gauche et à main droite, ce qui double les chances d'observation. Pour une boucle, suivre ensuite la rive nord vers le nord-ouest, puis revenir par le chemin forestier qui longe l'étang de Pourras. L'itinéraire, déjà balisé en partie, n'a rien de difficile : un moyen idéal de découvrir la réserve avec une personne âgée ou des enfants, à plat, et ne demande aucune condition physique particulière ; seules les portions en sous-bois peuvent être boueuses après la pluie. Les cartes hors ligne sont utiles, car la connexion au réseau mobile est irrégulière au bout du chemin. Les amateurs de randonnée plus longue relient la chaîne aux étangs de Hollande par la route forestière de la Croix Vaudin, ou poussent vers Saint-Quentin et le plateau de Rambouillet par les anciennes rigoles.
La pêche à l'étang de Saint-Hubert
La pêche est pratiquée sur certains étangs de la chaîne, avec une carte de pêche et dans des secteurs délimités, mais elle reste encadrée par la réglementation de la réserve : postes autorisés, périodes, espèces et modes de pêche (dont la section carpe de nuit) varient selon le plan d'eau et l'année. Avant de venir avec une canne, vérifier les conditions auprès de l'association de pêche qui gère le lot et du parc naturel. On y croise brochets, carpes, gardons et perches, les espèces habituelles des étangs de plaine de l'Yveline. Le tarif de la carte, la technique autorisée et le contact du garde se trouvent dans l'affichage au bord de l'eau ou sur le site de l'association ; chaque pêcheur y trouvera aussi l'actualité des manifestations et de la fête annuelle de la pêche, quand elle a lieu.
Une visite se combine volontiers avec la Bergerie nationale de Rambouillet, à quelques kilomètres, pour une journée complète entre nature et patrimoine.
Questions fréquentes sur l'étang de Saint-Hubert
Peut-on se baigner dans l'étang de Saint-Hubert ?
Non. La baignade est interdite sur toute la réserve naturelle ; pour un plan d'eau aménagé, il faut aller à la base de loisirs des étangs de Hollande, en saison.
L'accès à l'étang de Saint-Hubert est-il payant ?
Non, la promenade sur la digue et les chemins ouverts au public est libre et gratuite. Seules la pêche et certaines sorties encadrées demandent une carte ou une inscription.
Quel est le meilleur moment pour observer les oiseaux ?
Le début de matinée, en hiver et au printemps. Les oiseaux sont plus actifs, la lumière est rasante et la fréquentation encore faible, ce qui limite le dérangement.












