Le château de la Madeleine domine Chevreuse depuis le XIe siècle : ce château fort des Yvelines, ses tours et ses remparts offrent un panorama sur la haute vallée de Chevreuse et l'Yvette. Propriété du département, ce lieu historique abrite la Maison du Parc naturel régional, et l'on y monte à pied depuis le bourg de Chevreuse en vingt minutes.
Pour la visite, l'essentiel tient en quelques informations pratiques : ouverture tous les jours de 10 h à 18 h en hiver et jusqu'à 19 h à la belle saison selon le département des Yvelines, accueil et documentation touristique à la Maison du Parc, départ de plusieurs randonnées balisées depuis la cour. Situé en hauteur, sur le chemin Jean Racine, le site offre aussi un point de vue particulier sur le patrimoine de la vallée. Destination de tourisme et de loisir à une heure de Paris, en Île-de-France, le château se combine avec le domaine du Méridon, espace naturel voisin, pour une journée complète.
Une forteresse née avant l'an 1100
Le château de la Madeleine est l'un des plus anciens châteaux forts d'Île-de-France encore debout. Sa construction commence entre 1030 et 1090, à l'initiative de Gui Ier de Montlhéry, seigneur de Chevreuse, qui choisit un éperon rocheux dominant l'Yvette : de là, on contrôle la route qui remonte la vallée vers Rambouillet et Chartres. Le premier ouvrage du château de la Madeleine est sans doute en bois ; la tour maîtresse de pierre, carrée et massive, date de la seconde moitié du XIIe siècle.
L'enceinte actuelle mesure environ 70 mètres sur 50. Elle est flanquée de deux tours carrées côté est et de deux tours rondes, reliées par une courtine que l'on longe encore aujourd'hui. Au XIVe siècle, les défenses sont renforcées de mâchicoulis, ces encorbellements percés qui permettaient de frapper l'assaillant au pied du mur. Les travaux ne s'achèvent vraiment qu'en 1483, sous Louis XI : plus de quatre cents ans de chantier pour un même site, ce qui explique le mélange de maçonneries que l'œil repère en faisant le tour des remparts.
La guerre de Cent Ans, Pierre de Chevreuse et Jean Racine
La guerre de Cent Ans marque profondément le château. Après 1356, Pierre de Chevreuse, mort en 1393, rachète et agrandit le site, alors que la région vit au rythme des chevauchées anglaises et des bandes de routiers. C'est de cette période que datent une bonne part des fortifications visibles, pensées pour tenir un siège plutôt que pour recevoir. Le puits de la cour, creusé au XVe siècle, rappelle cette préoccupation : une place forte sans eau ne tient pas longtemps.
Deux siècles plus tard, le château a perdu son rôle militaire. Il appartient alors aux ducs de Luynes, et c'est un jeune homme de vingt et un ans qui en surveille les réparations : Jean Racine. Vers 1661, avant de devenir le dramaturge d'Andromaque, il est envoyé à Chevreuse pour suivre les travaux du donjon pour le compte de la famille de Luynes. Il fait la route à pied depuis l'abbaye de Port-Royal des Champs, où il avait été élève. Ce parcours porte aujourd'hui son nom : le chemin Jean Racine, qui est aussi l'adresse postale du château.
Monter au château depuis le bourg de Chevreuse
La montée fait partie de la visite. Depuis le centre de Chevreuse, plusieurs sentes grimpent à travers le coteau boisé ; comptez une vingtaine de minutes à allure tranquille, davantage avec de jeunes enfants. Le dénivelé est court mais franc, avec des passages en marches : de bonnes chaussures valent mieux que des sandales, surtout après la pluie. En haut, la vue s'ouvre d'un coup sur les toits du bourg, le clocher de Saint-Martin et les coteaux de la vallée.
Pour venir sans voiture, la gare de Saint-Rémy-lès-Chevreuse, terminus du RER B, est à quelques kilomètres ; un bus ou une marche le long de l'Yvette permet de rejoindre Chevreuse. Le département indique aussi un accès par les transports RATP. En voiture, le stationnement se fait dans le bourg ou sur le petit parking proche du château, vite complet les week-ends ensoleillés. Les autres villages du secteur, comme Cernay-la-Ville et son abbaye au milieu des étangs, se combinent facilement dans la même journée.
Ce que l'on visite sur place
- La cour haute, en accès libre selon Wikipédia : on y déambule entre les tours, le puits et le pied de la tour maîtresse.
- Les remparts et le tour de l'enceinte, d'où l'on embrasse la vallée de Chevreuse sur plusieurs kilomètres.
- Le donjon médiéval, dont les salles accueillent une exposition sur l'histoire du château, de sa fondation à la guerre de Cent Ans et au passage de Racine.
- La Maison du Parc, siège du Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse, où l'on trouve de l'information sur les sentiers, les villages et le patrimoine naturel du territoire.
Les amateurs de séries reconnaîtront peut-être la cour : elle a servi de décor de tournage à Kaamelott. Le lieu accueille aussi, selon les saisons, des animations et des expositions temporaires, notamment lors des Journées européennes du patrimoine en septembre. Le programme change d'une année à l'autre : mieux vaut le vérifier avant de venir un jour d'événement.
Le panorama depuis les remparts est superbe en fin de journée, quand la lumière rase les coteaux. C'est l'une des promenades les plus touristiques du sud des Yvelines, et une destination de loisir idéale pour une demi-journée : une visite courte, un peu de randonnée, une pause dans le bourg. L'espace de la cour, ouvert au public, reste calme hors des jours de forte affluence.
Horaires, contact et informations pratiques
D'après la fiche du conseil départemental des Yvelines, consultée en septembre 2026, le site est ouvert de 10 h à 19 h à la belle saison et de 10 h à 18 h en hiver. La fréquentation reste faible en semaine, du mardi au vendredi, et nettement plus forte le week-end, surtout le dimanche après-midi. Pour l'exposition et la Maison du Parc, dont les jours d'ouverture varient selon la saison, un appel la veille évite une porte close, un lundi comme un mercredi de vacances scolaires. Le château est géré par le service du patrimoine du département ; les horaires de la Maison du Parc et de l'exposition du donjon peuvent différer de ceux de la cour, et une fermeture ponctuelle n'est jamais exclue (travaux, météo, jour férié). Le département donne un contact direct : 01 30 83 69 56, ou le site du Parc naturel régional.
Sur place, pas de restauration : il faut redescendre dans le bourg de Chevreuse, où les cafés et boulangeries ne manquent pas. Prévoyez de l'eau par temps chaud, la montée se fait en partie au soleil. Le site n'est que partiellement accessible aux personnes à mobilité réduite, en raison de la pente et des sols anciens de la cour.
Balades et randonnées au départ du château
Le château de la Madeleine est un point de départ naturel pour marcher. Le plus célèbre itinéraire reste le chemin Jean Racine, qui relie Chevreuse à Port-Royal des Champs par les bois et le plateau : une demi-journée de marche aller-retour, avec l'abbaye en ruines au bout. D'autres boucles descendent vers les Petits Ponts, le quartier des anciens tanneurs au bord de l'Yvette, puis longent la rivière vers Saint-Rémy-lès-Chevreuse. Les sentiers du Parc naturel régional sont balisés, et la Maison du Parc distribue les cartes utiles pour choisir sa distance.
Pour aller plus loin à pied, les sentiers de grande randonnée qui traversent le territoire passent non loin de Chevreuse et rejoignent la forêt de Rambouillet. Les familles préfèreront une boucle courte : descente par le coteau, tour du bourg, remontée au château pour le panorama du soir. En automne, les coteaux boisés de la haute vallée prennent des couleurs qui justifient à eux seuls le détour.
D'autres châteaux à voir dans la vallée
La haute vallée de Chevreuse concentre un nombre étonnant de châteaux dans un rayon de quelques kilomètres. Le château de Dampierre, à dix minutes de route, montre ce que devient la résidence des ducs de Luynes une fois la forteresse abandonnée pour le confort : un grand domaine classique au bord de l'étang. Plus au sud, le château de Breteuil et ses jardins peuplés des contes de Perrault séduit les enfants. En direction de Rambouillet, le château présidentiel et son parc complètent la découverte des grands châteaux des Yvelines.
La Madeleine garde pourtant une place à part : c'est le seul de ces sites à montrer une forteresse médiévale lisible, avec son donjon, ses tours et son enceinte. Visiter les châteaux de la vallée dans l'ordre chronologique, de la Madeleine à Dampierre puis à Breteuil, donne une petite leçon d'histoire de l'architecture française, du XIe au XVIIIe siècle, sans jamais s'éloigner de plus de vingt kilomètres.
Pourquoi le site est protégé
Le château de la Madeleine est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1948. Cette protection encadre tous les travaux de restauration menés par le département, propriétaire des lieux, et garantit que les maçonneries médiévales ne seront pas altérées. Pour la vallée, le château joue un double rôle : il est à la fois un monument historique, témoin de mille ans de patrimoine, et le cœur administratif du Parc naturel régional, chargé de préserver les paysages, les villages et les milieux naturels de la haute vallée de Chevreuse.
Cette cohabitation fait l'intérêt du site. On y vient pour les vieilles pierres, on en repart souvent avec une carte des sentiers et l'envie de revenir explorer la vallée à pied. Pour préparer un séjour plus long dans le sud des Yvelines, les randonnées proposées dans la vallée de Chevreuse offrent des idées pour chaque saison.
















