Que visite-t-on au château de Rambouillet

La visite du château de Rambouillet se partage entre trois ensembles : les appartements de l'ancienne résidence royale, la laiterie de la Reine et la chaumière aux coquillages. Ces deux fabriques se trouvent à l'écart, dans le parc, et n'ouvrent pas aux mêmes heures que le château.

Le résumé

  • Le château, la laiterie de la Reine et la chaumière aux coquillages appartiennent au même domaine national, mais les deux fabriques n'ouvrent pas sur les mêmes plages horaires que le château.
  • Elles se rejoignent à pied, à une dizaine de minutes à travers le parc : ce temps de marche se prévoit dans la visite.
  • La Bergerie nationale et l'Espace Rambouillet sont deux lieux voisins mais indépendants, avec leur propre billet et leur propre calendrier.

Trois sites voisins, trois billets différents

Beaucoup de visiteurs arrivent à Rambouillet en pensant qu'une seule entrée ouvre tout. Ce n'est pas le cas. Le domaine national de Rambouillet, géré par le Centre des monuments nationaux, réunit le château, la laiterie de la Reine, la chaumière aux coquillages et le parc. La Bergerie nationale, fondée à la fin du XVIIIe siècle autour d'un troupeau de mérinos venu d'Espagne, est un établissement distinct avec son propre accueil. L'Espace Rambouillet, parc animalier installé au cœur du massif forestier, est encore un troisième lieu, à plusieurs kilomètres du centre-ville.

Cette confusion coûte du temps sur place : trois services d'accueil, trois grilles de tarifs, trois calendriers de fermeture. Si la journée est consacrée au château et à ses fabriques, c'est le site officiel du monument qu'il faut consulter, et lui seul.

Le château, du donjon médiéval à la salle de bains de Napoléon

La partie la plus ancienne du château est un donjon du XIVe siècle, la tour François Ier, seul vestige de la forteresse où le souverain est mort en 1547. Le reste a été remanié au fil des propriétaires, jusqu'à ce que le roi Louis XVI rachète le domaine en 1783, attiré par la forêt et par la chasse plus que par la demeure.

La visite des appartements traverse ces couches successives. Les boiseries rocaille des salles d'assemblée sont du XVIIIe siècle ; la petite salle de bains à décor pompéien a été aménagée pour Napoléon Ier. Le château a servi ensuite de résidence présidentielle jusqu'en 2009, et il a accueilli en novembre 1975 le premier sommet des grandes puissances industrielles, ancêtre du G7. Ce fil de diplomatie française distingue Rambouillet des autres résidences royales d'Île-de-France : le lieu n'a jamais cessé d'être utilisé, ce qui explique l'état de ses décors et donne à son histoire une continuité rare.

La laiterie de la Reine, une laiterie où l'on ne trayait pas

Élevée entre 1785 et 1787 sur ordre de Louis XVI, la laiterie de la Reine fut un cadeau du roi à la reine Marie-Antoinette, qui jugeait Rambouillet austère. Le bâtiment, dû à l'architecte Jacques-Jean Thévenin, ne ressemble en rien à une ferme : c'est un petit temple néoclassique de pierre claire, presque nu à l'extérieur.

À l'intérieur, deux pièces seulement. La première est une rotonde pavée de marbre, où l'on venait goûter des laitages servis dans une porcelaine de Sèvres commandée pour le lieu. La seconde est une grotte artificielle, éclairée par le haut, qui abrite un groupe de marbre sculpté par Pierre Julien : la nymphe Amalthée et la chèvre qui nourrit Jupiter enfant.

Une légende tenace veut qu'une coupe de ce service ait été moulée sur le sein de la reine. Rien ne l'atteste. La forme de ce bol appartient au répertoire antique que Sèvres reprenait alors, et le service a été commandé pour la laiterie, non pour une personne. Le bâtiment n'était pas davantage une exploitation agricole : on y dégustait, on n'y trayait pas. C'est une fabrique d'agrément, au sens que le XVIIIe siècle donnait à ce mot.

La chaumière aux coquillages, un boudoir sous un toit de chaume

La chaumière est antérieure au rachat royal. Elle a été construite à la fin des années 1770 pour la princesse de Lamballe, dans le parc de son beau-père le duc de Penthièvre, alors propriétaire des lieux. Vue du dehors, c'est une cabane rustique coiffée de chaume, volontairement modeste.

L'intérieur est l'exact contraire. La pièce principale est entièrement revêtue de coquillages, de nacre et d'éclats de marbre, assemblés en panneaux, en guirlandes et en rosaces jusqu'au plafond. Ce goût du cabinet de coquillages traversait l'Europe du XVIIIe siècle ; très peu d'exemples ont survécu en France, et celui-ci compte parmi les plus complets. Le contraste entre le toit de chaume et ce décor est tout le propos : il s'agissait de jouer à la vie simple sans y renoncer une seconde.

Le parc, ses canaux et son jardin anglais

Le parc couvre environ 150 hectares et porte le label Jardin remarquable. Il associe un tracé à la française organisé autour de canaux et d'îles, hérité des aménagements du XVIIIe siècle, et un jardin anglais planté plus tard, plus libre, où se trouvent justement les deux fabriques. Des barques se louent à la belle saison sur les canaux.

Ses plages d'ouverture sont plus larges que celles du château, ce qui en fait une promenade et une découverte à part entière, praticable même quand le monument est fermé. Il touche la forêt domaniale, dont les futaies accueillent à l'automne le brame du cerf, autre rendez-vous du tourisme de nature sur le territoire.

Horaires et tarifs : ce qui change et ce qui ne change pas

C'est le point sur lequel cette page ne donnera aucun chiffre d'horaire. Les plages d'ouverture du domaine varient selon la saison et ont été modifiées plusieurs fois : à la rédaction de ces lignes, deux sources sérieuses en annonçaient deux versions différentes. Un horaire recopié ici serait faux dans six mois.

Ce qui est stable mérite en revanche d'être connu :

  • le monument ferme le mardi, comme la plupart des sites du Centre des monuments nationaux, et ce mardi de fermeture vaut aussi en pleine saison ;
  • l'accès est gratuit pour les moins de 18 ans, ainsi que pour les 18-25 ans ressortissants de l'Union européenne ;
  • la gratuité s'applique aussi pendant les Journées européennes du patrimoine, le troisième week-end de septembre, et certains premiers dimanches du mois en basse saison ;
  • la laiterie et la chaumière ont leurs propres heures, plus courtes que celles du château autour de la pause de midi ;
  • par forte chaleur ou par intempérie, le gestionnaire se réserve le droit de modifier le circuit et de fermer certains espaces.

Les tarifs, eux, varient en fonction de la formule retenue : visite du château seul, ou billet de découverte associant le château et ses deux fabriques. La réservation en ligne n'est pas imposée pour une visite libre, mais elle évite la file d'un dimanche de printemps. La billetterie et les horaires du jour se consultent sur le site officiel du monument, à vérifier le matin même du départ.

Ce que les visiteurs demandent le plus souvent

Peut-on visiter le château sans guide ?

Oui. La visite libre des appartements est la formule courante, et des visites guidées sont proposées à certaines périodes, en particulier pour les fabriques. Le calendrier de ces visites accompagnées est publié par le monument et change d'une saison à l'autre.

La laiterie et la chaumière sont-elles accessibles en fauteuil ?

Ce sont deux bâtiments du XVIIIe siècle isolés dans le parc, atteints par des allées de terre et de sable. L'accessibilité y est limitée, et une visite en situation de handicap se prépare en prenant contact avec le service d'accueil du monument avant la venue.

Le château est-il encore une résidence d'État ?

Il a cessé d'être résidence présidentielle en 2009 et il est aujourd'hui ouvert à la visite, mais il demeure un domaine national. Des fermetures ponctuelles pour raisons officielles restent donc possibles, ce qui est une raison de plus de vérifier la veille ou le matin même.

Venir à Rambouillet et calibrer sa journée

Chef-lieu d'arrondissement du sud des Yvelines, Rambouillet est à une cinquantaine de kilomètres de Paris et à une trentaine de Versailles. Le train reste le plus simple des transports : la ligne N du Transilien relie Paris-Montparnasse à la gare de Rambouillet, d'où l'on rejoint les grilles du château à pied en une dizaine de minutes par la ville. Les moyens d'accès au territoire détaillent les autres options, car et route comprises.

À vélo, la Véloscénie traverse Rambouillet sur son itinéraire de Paris au Mont-Saint-Michel, et sa traversée du parc est l'un des passages les plus agréables du tracé francilien.

Comptez une bonne demi-journée pour l'ensemble : environ une heure dans les appartements, une heure pour les deux fabriques en incluant la marche, et le reste dans le parc. Au-delà d'une vingtaine de personnes, l'accueil des groupes obéit à des conditions particulières et se réserve à l'avance. Pour visiter en famille, le plan du domaine remis à l'entrée évite de chercher les fabriques dans la nature ; et l'office de tourisme de Rambouillet réunit les informations pratiques sur les autres activités du territoire, du patrimoine aux découvertes de plein air.

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